L’artiste Yanick Boivin lance son premier album solo!

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Article et entrevue par Catherine Doyon, Journaliste

  Photographie par Benoit Bélanger, photographe

Ce vendredi 12 janvier, le Magazine Culturel à eu la chance d’avoir en entrevue l’artiste Yanick Boivin, qui a été batteur de la formation québécoise Yelo Molo pendant 20 ans mais ne travaillant plus avec eux depuis l’an dernier. On lui doit d’ailleurs plusieurs succès du groupe phare des années 2000 dont « Malaise », « Voyage », « Bonheur dans une fleur » et « Au départ », en plus de la musique de « Gros Zéro ». Il sera ensuite remarqué par la formation La Chicane qui lui demandera d’être batteur pour l’enregistrement de l’album « Ent’nous autres », en 2003. Yanick signera la pièce « Jusqu’à Dimanche » qui se hissera dans les palmarès.

Pas la suite, Yanick deviendra le bras droit de Boom Desjardins pour son aventure solo et se voit confier le rôle de directeur musical de ses spectacles. Il prendra part à l’enregistrement des cinq albums qui suivent. Yanick fera la musique pour plusieurs spectacles dont celui de P-A Méthot, Peter MacLeod, Dominic Paquet, Martine St-Clair, Les BB, The Box, Messmer et plusieurs autres.

Artiste polyvalent ayant travaillé auprès de grands réalisateur tels que John Webster et Gus Van Go, Yanick se forge une réputation à toute épreuve depuis plus de vingt ans. C’est le 14 novembre 2017 qu’il fera le grand saut et décidera de sortir son tout premier album solo intitulé « Hey! » .

C’est au restaurant Prince Pizzeria de Sorel-Tracy que l’artiste nous a accueilli avec beaucoup d’enthousiasme et de charisme, accompagné de son agente de promotion Annie Bouchard. Voici un aperçu de l’entrevue que nous avons entretenu avec lui.

Photo par: Benoit Bélanger, photographe

C.D: Après avoir fait tes preuves au sein du groupe Yelo Molo et La Chicane, tu as décidé de sortir ton album solo. Peux-tu nous parler un peu du concept de ce nouvel album?

Y.B: Je voulais un peu m’émanciper des restrictions qui me tenaient lors de collaborations. Lorsque l’on est musicien pour un « band », il faut être un peu « caméléon ». En sortant mon album solo j’ai voulu faire quelque chose qui me représentait, quelque chose à mon image. C’est un concept simple qui va droit au but, même les vidéoclips ne contiennent pas d’acteurs et sont très épurés. C’est un album assez personnel qui contient quelques chansons qui bougent beaucoup et certaines autres un peu plus douces. Je suis une personne dynamique donc le public s’attendait peut-être à voir plus de trames qui ont de l’entrain mais en fait j’ai voulu réellement montrer tous les côtés de ma personne. Ça parle beaucoup de mes expériences de vie, des échecs amoureux, de grandes réussites… Je suis un gars extrêmement familial qui aime être à la maison, pour cet album là j’ai créé chez moi, dans un milieu qui me ressemble entouré de ma famille. Je voulais me retrouver avec moi-même, trouver mon identité propre, celle que j’ai un peu mis de côté en étant avec d’autres musiciens.

C.D: Est-ce que de passer du « drum » au micro est un rêve que tu chérissais depuis longtemps où l’idée t’es venue tout récemment?

Y.B: Je dirait que c’est au milieu de ma carrière que cette idée s’est concrétisée. C’est surtout avec le groupe Yelo Molo, qui m’a donné beaucoup de liberté artistique, que ça m’est apparu réellement comme un projet. Ils m’ont laissé écrire certaines chansons et même chanté sur certaines « tracks » et c’est une expérience que j’ai vraiment aimée. C’est quand on se rend compte qu’on a un certain talent mais aussi une passion que le rêve se développe plus.

C.D: Comment appréhendais-tu la sortie de ce nouvel album et ta relation au public?

Y.B: J’appréhendais beaucoup la sortie de l’album, j’avais hâte que ce soit annoncé et surtout hâte de voir comment cela serait accueilli. Mais présentement je suis encore en processus d’obtention des réactions du public, les gens commencent à se le procurer mais les « feed-back » ne sont pas terminés, il faut voir ce qui ressortira le plus dans les commentaires. Comme c’est un album très personnel c’est certain que ce qui se dira risque de me toucher un peu plus et c’est plutôt de voir si ce sera compris comme j’ai voulu le transmettre.

C.D: Comment décrirais-tu ta musique? Qu’est-ce que tu souhaites apporter de nouveau à l’industrie musicale québécoise?

Y.B: Pour moi, ce n’était pas réellement d’innover qui était important. Même si je considère beaucoup ceux qui le font en musique, je pense que j’ai essayé de rester le plus simple possible et le plus fidèle à moi-même. J’aime ceux qui foncent et ajoutent de l’excentricité à leurs oeuvres mais j’ai l’impression que je n’aurais pas resté vrai si je l’avais fait. Pour moi c’était de livrer l’émotion que je ressentait le plus clairement possible, je pense que c’est ça qui fait en sorte que les gens vont être touchés.

Photo par: Benoit Bélanger, photographe

C.D: Est-ce qu’il y a des musiciens qui on influencé significativement ton parcours musical et ta façon de travailler la musique?

Y.B: C’est certain! Il y en a beaucoup! Puisque j’ai travaillé au tout début avec Boom Desjardins il fait parti des gens qui ont influencé beaucoup ma carrière et ma façon de travailler. C’est devenu un ami au fil du temps plus qu’un simple collègue et je ne pourrais pas ne pas le mentionner dans mon parcours. Ensuite, il y avait, Bryan Adams, Bruce Springsteen, Tom Petty… J’aime que leur musique soit réellement intemporelle. Ce sont des gens qui ne s’inspirent pas d’une mode du moment, ils ont leur musique bien à eux et c’est ce qui les distingue. C’est aussi pour ça que même aujourd’hui, ils ont une musique qui peut très bien être actuelle, qui ne se démode pas. Au Québec, il y a Dany Bédar et aussi le batteur, chanteur, compositeur et réalisateur Alain Quirion, qui est un idole pour moi à la batterie. C’est une personne créative, excentrique et qui ne laisse personne indifférent.

C.D: Avec toute l’expérience que tu as et si tu compares à tes débuts, crois-tu que l’industrie musicale québécoise est de plus en plus difficile à intégrer au fil du temps?

Y.B: Oui! Absolument. Autant pour des jeunes qui entrent dans le domaine que pour des artistes déjà établis, il faut s’impliquer dans des évènements, accepter des entrevues, préparer des spectacles un peu partout, il ne faut jamais lâcher pour atteindre une certaine notoriété. L’industrie artistique est difficile d’entrée mais il est aussi difficile de conserver sa place.

C.D: Gardes-tu une petite préférence pour le « drum » ou est-ce que tu préfères réellement être à l’avant-scène?

Y.B: Je n’ai pas encore réussi à répondre à cette question là pour être honnête. Je n’arrive pas à choisir entre les deux. Je pense que c’est réellement partagé. Le « drum » m’apporte une certaine sécurité et un cercle de protection dans plusieurs pans de ma vie. C’est un instrument que je maitrise depuis longtemps et qui me fait beaucoup de bien. Toutefois, même si être à l’avant de la scène me sort un peu de ma zone de confort, il y a un contact avec le public que je n’ai pas lorsque je joue de la batterie. C’est un transfert d’émotions direct, puisque je joue des chansons que j’ai écrites, le public reçoit pleinement ce qui est ressenti, je montre mon vrai visage, ce qui n’est pas nécessairement le cas avec le « drum ». Dans ce cas, je joue des créations d’autres artistes et je suis plutôt sur la trame sonore de l’émotion, ce sont leurs expériences à eux que je dois faire passer, pas les miennes.

C.D: Y’a-t’il des chansons sur lesquelles tu mises plus pour faire parti des palmarès? Comme par exemple, la piste « Soleil » qui est réellement entrainante et colle au cerveau directement?

Y.B: (rires) C’est certain qu’il y’a des chansons qui « pognent » plus que d’autres! Celles plus douces et sentimentales sont moins susceptibles de faire les palmarès, habituellement. Il m’a fallu choisir celles que je voulais qui pourraient passer à la radio et bien entendu « Soleil » en faisait partie. Lorsqu’on trouve un « vers d’oreille » c’est important de l’exploiter je pense. Par exemple lorsque je fait des premières parties je n’ai pas réellement le temps de faire plus que 4 ou 5 chansons, je choisi donc d’y mettre celles qui font plus l’unanimité. Par contre, j’en suis à choisir une troisième chanson qui pourra être transmises aux stations de radio et j’aimerais idéalement en prendre une qui parle plus de mes sentiments, une plus douce, afin de montrer toutes les facettes de « Yanick ».

C.D: Les gens peuvent ainsi être conscient de l’étendue du talent musical mais aussi la sensibilité de l’artiste, le voir d’une autre manière!

Y.B: Exactement!

Photo par: Benoit Bélanger, photographe

C.D: Penses-tu que la technologie brime un peu le travail de l’artiste? Est-ce que tu adhères pleinement aux nouveaux modes de publication?

Y.B: Pour moi ça été une adaptation. J’ai eu une certaine rage face aux technologies lorsque j’était plus jeune car je trouvais que ça brisait un peu le matériel brut de la musique. Par contre j’ai appris à travailler avec Spotify et Youtube et j’avoue qu’aujourd’hui je trouve que c’est profitable aux artistes. Avant on nous envoyait des messages venant de « fans » qui par exemple habitaient à Amos ou Gaspé et disaient ne pas pouvoir se procurer nos albums. Maintenant, lorsque j’ai commencé avec Spotify, on nous montrait toutes les régions qui avaient accès à l’album, il y avait une liste de villes assez longue et j’ai été impressionné de toutes les régions touchées. C’est une transition mais nous apprenons tranquillement à travailler avec ce genre de plateformes.

C.D: En plus avec Spotify par exemple, il y a des outils assez intéressants. Comme toi qui as fais partie du groupe Yelo Molo, ceux qui écouteront leurs pistes auront peut-être une suggestion de ton album dans leur compte!

Y.B: Oui! J’ai moi-même connu beaucoup de « bands » de cette manière là! J’écoutais John Mayer et souvent on me donnais des pistes musicales du même genre que je me suis surpris à réellement apprécier. Si quelqu’un écoute des chansons plus douces on lui suggère une « playlist » adaptée à leurs écoutes précédente, c’est un outil qui est intéressant.

C.D: As-tu d’autres projets pour l’avenir, des collaborations, un spectacle solo?

Y.B: C’est certain qu’il va y avoir d’autres créations solo! On essaie de « booker » des « shows » un peu partout pour garder le contact avec le public mais ce que j’aimerais aussi ce serait de jouer en acoustique, essayer de faire un « show » exclusivement Yanick Boivin! (rires) Pour le lancement de l’album j’ai fait un spectacle « full band » et c’est certain que les pistes qui bougent plus sont encore plus dynamiques comme ça! Mais j’aimerais quand même essayer un spectacle seul avec ma guitare, donner des variantes un peu à mes chansons et montrer au public ce qui peut être fait avec celles-cis.

C.D: Pour terminer as-tu des dates de spectacle qui viendront prochainement à nous partager?

Y.B: Certainement! Je suis présentement en tournée avec La Chicane ! Je fais l’ouverture de leur spectacle et les dates sont disponibles sur le site www.yanickboivin.com !

Photo par: Benoit Bélanger, photographe (de gauche à droite: Catherine Doyon, Yanick Boivin, Mathieu Parenteau Vallée & Annie Bouchard)

Pour bien clore le tout, voici un lien vers la nouvelle chanson « Soleil » de Yanick Boivin!

Soleil – Yanick Boivin

L’équipe du Magazine Culturel tient à remercier le restaurant Prince Pizzeria de Sorel-Tracy pour son hospitalité ainsi que Mme Annie Bouchard, agente de promotion, qui a permis l’entrevue d’être possible.

 

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Né en 1990, Mathieu a su très jeune qu'il était voué à un avenir artistique. Dès 16 ans, il commença à explorer le monde des arts, en s'introduisant d’abord dans le monde des coulisses. Il toucha d'abord à la caméra, par l’intermédiaire des studios Vox puis comme monteur de scène pour les événements et les spectacles extérieurs, tel que le groupe bien-aimé du Québec : Kaïn. Étant aussi un grand sportif, il apprécie grandement les sports de course et de saut. Peut-être connaissez-vous d'ailleurs le parkour? Un sport qui justement allie, la rapidité, la fluidité des gestes, des sauts et les techniques d’atterrissage au sol, sans blessure bien sûr. Malheureusement, bien des gens confondent souvent le parkour avec l'image de jeunes qui grimpent illégalement sur les toits. Pour faire démentir les racontars au sujet de ce sport et entrainer les plus jeunes à l'extérieur de leur maison; décollant leur nez du même coup de leur X-Box, il créa vers les alentours de 2010 le projet sportif « Urbanise-toi ». Des jeunes de la Montérégie et même de Montréal vinrent à sa rencontre pour apprendre les rudiments et les techniques du parkour. Dans les mêmes temps, il fit son entrée en avant de la caméra avec la figuration, comme dans l'émission 30 vies par exemple, puis dans les films américains, tels que X-Men et Zombie malgré lui. Ensuite, il eut des rôles et fut même contacté comme cascadeur. En découvrant le monde du maquillage de film, en fréquentant les plateaux de tournage, il eut cette idée d'apprendre les secrets du maquillage d'effets spéciaux. Depuis bientôt trois ans, les gens le contactent pour avoir droit à un maquillage effrayant et réel. Évidemment, ses connaissances en maquillage FX (effets spéciaux, blessures, etc.) fut fortes utiles durant la création de leur film de Zombie. D'ailleurs, un jour en société, premier court-métrage réalisé, est déjà nominé dans les festivals. Aujourd'hui, il pratique la photo passionnément. Il participe même comme photographe média pour les meilleurs événements culturels. Bien sûr, il reçoit volontiers de nouveaux clients pour immortaliser leur image. Puis, il s'occupe personnellement de vos montages vidéos.

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